Les trois "De", attablés, côte à côte, face au public, pour une lutte âpre, sans concession, durant plus de deux heures.
Absence de Catherine Nicolas, c 'est bien dommage, elle avait pris d'autres engagements de longue date, mais elle aurait pu se faire représenter, tout de même, par quelqu'un de sa liste...
Ce sera donc la guerre des trois "droites", sans la gauche, car ces trois-là ne s'apprécient guère, croyez-moi !
Un public très attentif, tendu, dans une salle surchauffée, car littéralement bondée. Les partisans pro-Devys (une partie de son équipe au deuxième rang) animé par le chahuteur Jean-Baptiste Marvaud, en grande forme ! Les "Mazièristes", eux, situés en fond de salle.
Et les "lesquinistes" moins présents, et plus disséminés (ceci dit j'étais juste à coté d'un fan, qui buvait les paroles de son idole, et éructait son contentement bruyamment !)
Chacun appréciera selon sa sensibilité. Et dans la mesure où l'auditoire de ce genre de débats a , pour la plupart, déjà son opinion toute faite, ce qui est intéressant, c'est la confrontation des idées et des personnalités.
J'ai trouvé pour ma part, Bertrand Devys (BD) à l'aise "techniquement", démontrant une maîtrise certaine des dossiers de la ville. Il a joué de cette image, en affirmant, patelin: "Je suis un homme de dossier".
Parlant peut- être un peu trop du Conseil Général, mais expliquant assurément au profane, comment fonctionne les rouages complexes d'une ville comme Versailles (avec un scoop, BD retouchera au PLU, si controversé, et retoqué par une commission de trois "sages").
La voix un peu éraillée, certainement enrhumé, un ton mesuré, s'enflammant un tantinet, pour sa dernière intervention.
Bien préparé, une pluie de mesures pour faire plaisir à l'électeur émaillait son discours . (Que n'a- t- il fait tout cela durant la précédente mandature ! L'intérêt de la candidature de Mazières (FDM), en ouvrant le jeu à Versailles, aura permis de rebattre les cartes).
François de Mazières (FDM) a d'ailleurs répondu, à sa manière, de façon lapidaire, à cette avalanche suspect : "Méfiez -vous des belles promesses".
Je garde, pour ma part, la conviction que derrière cette avenante façade "devyssienne", si les versaillais venait à l'élire, il n 'en ferait ensuite plus qu'à sa tête.
Comme le roseau de la fable, si notre homme est souple, il ne rompt pas !
La manière dont le projet de F1 et le multiplexe ont été "proposé" aux versaillais durant la mandature précédente donne une idée de sa conception de la direction d'une ville. L'envie de plus de démocratie locale des versaillais, ne sera-t-elle satisfaite que le temps de la campagne ?
Placé entre ses deux opposants, Henry de Lesquen (HDL), très à l'aise, décontracté, a assuré une bonne part du spectacle.
Entre "comedia della arte" et "grand guignol" certes, mais avec un réel talent de bateleur; Cela commença par une diatribe défendant les automobilistes persécutés (à n'en pas douter, par une police municipale forcément "pintiste").
HDL déclencha l'hilarité avec un adage, qui restera célébre: "Une voiture, ne pollue pas plus qu'une vache" (et précisant ensuite: "Et je ne prend pas en compte le méthane...").
HDL poursuivi ensuite en développant chacune de ses idées en désignant "la municipalité de Messieurs Pinte-de Mazières-Devys", dont il fit son axe rhétorique, durant la dernière heure.
Car son positionnement est limpide, celui d'un opposant farouche à une municipalité sortante.
Alors forcément, HDL est moins convaincant sur le registre des propositions.
HDL récidiva avec la tirade suivante, pour une leçon de géographie versaillaise: "L'avenue de Paris mène à Paris, l'avenue de St Cloud mène à St Cloud, et l'avenue de Sceaux..au square des Francine".
Bertrand Devys ne put s'empêcher d'en pleurer de rire, en se tenant les côtes.
François de Mazières (FDM), très engagé et volontaire, développa une vision que j'ai trouvé cohérente et structurée (et dont bon nombre d'idées lancées généreusement en début de campagne ont été reprises par la suite...), mentionnant au passage ce qu'il considère comme ses atoûts: Lien fort avec le Château, capacité de porter et débloquer les dossiers dans les ministères, entourage de professionnels confirmés (le numéro 2 de Microsoft, par exemple).
Son idée est de s'appuyer sur le différentiel versaillais, sur le très fort capital d'image de versailles, pour asseoir un développement économique, permettant une solidarité entre les générations.
HDL s'en pris ensuite de façon répétée à FDM, serait-ce parce que c'est le candidat qui lui prendrait le plus de voix ?
FDM qui était resté très courtois envers ses adversaires (A noter, BD aussi est resté correct sur la forme durant tout le débat), a fini par exprimer une "sainte colère" devant ces agaceries répétées
(cela donne d'ailleurs, une idée de ce qu'ont vécu certains conseillers municipaux durant les 6 dernières années...).
Les candidats se sont séparés, cette séance de débat public se terminant vers 23 heures.
Allez, tenez-bon messieurs, courage, encore 25 jours avant le premier tour !
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Sera t-il
magistral ?
Je connais également Bertrand Devys, et même je l'apprécie. Je pense seulement qu’il est victime de son propre appareil politique.
Il est tombé dans le piège des pouvoirs politiques et des querelles intestines des partis. Tout le monde a imposé ses pions et il se retrouve avec une liste très politique qu’il ne peut déjà plus gérer, plutôt que de créer une véritable équipe en confiance, compétente et motivée pour Versailles. En revanche, François de Mazières n’ayant pas ces contraintes, il créé son équipe en toute cohérence avec son projet et à l’image de Versailles.
Pour le programme, j’ai envie de dire que celui de François me parait largement plus séduisant, tant sur les aspects économique, art de vivre que social. Il est ambitieux pour Versailles et répond aux attentes des versaillais que je rencontre tous les jours en ville et dans de nombreux diners que je fais actuellement.
J’ai également l’impression que son projet séduit beaucoup de monde de la liste de Bertrand, car ils sont toujours nombreux à venir assister et prendre un paquet de notes à chaque réunion publique de François de Mazières. Est-ce une panne d’idées ou c’est juste pour surenchérir ?
Je crois sincèrement que les atouts de François sont dans son équipe et son projet. Cependant l’atout de Bertrand est l’étiquette UMP. Bien que je ne sois pas certain que par les temps qui courent, cela soit encore un atout !!!
Nous verrons bien quel sera le choix des Versaillais, en espérant qu’ils arriveront à déculpabiliser, tout comme moi, pour ne pas faire un vote de parti et se rallier à un homme de convictions et à un projet ambitieux pour Versailles.
Pour terminer, ceux qui me prêtent de mauvaises intentions contre la liste UMP, comme de vouloir créer un blog contre Bertrand ou autre… Il faut arrêter de vous imaginer que tout le monde utilise vos stratégies politicardes de parti. C’est exactement ce que je combats depuis bien longtemps, et j’ai une toute autre idée de la politique.
Je garde l’espoir de gagner un jour par nos idées et nos valeurs et non avec des stratèges et manigances de parti. Je garde l’espoir que l’on puisse un jour arriver à ne plus faire au sein des partis politiques, la promotion des « incompétents » pour s’en débarrasser mais la promotion du résultat.
Je renonce aujourd’hui à toute candidature politique, mais je garderais ma liberté d’expression pour agir avec mes convictions humaines, sociales et religieuses.
Bien cordialement
Olivier