Dès lors, la principale préoccupation d’une municipalité soucieuse de modérer la pression fiscale sur ses habitants doit être de chercher à accroître le nombre des entreprises implantées à Versailles, ce qui permettrait d’augmenter le produit de la taxe professionnelle sans en accroître le taux (car c’est un facteur d’attractivité) ; cela contribuerait simultanément à stabiliser la pression fiscale sur les Versaillais eux-mêmes.
Certes, à Versailles, au cours de la dernière mandature, les recettes issues de la taxe professionnelle se sont accrues, mais principalement sous l’effet de la croissance des taux appliqués aux entreprises, sans que de manière significative se développe le tissu économique versaillais.
Ainsi, la taxe professionnelle, après avoir augmenté de 10% entre 2001 et 2002 (alors que dans les communes comparables cette augmentation n’était que de 0,6%...), a globalement progressé de 29,1% sur l’ensemble de la mandature. Dans les communes comparables, la hausse n’a été que de 9% sur la même période. Les entreprises versaillaises paient donc aujourd’hui près d’un tiers d’impôt en plus par rapport à 2001.
A terme, cette politique est contraire à l’effet recherché car, en taxant plus largement les entreprises existantes, notamment les commerces, on accroît les recettes, mais on renonce à tout espoir de faire venir des entreprises nouvelles à Versailles.
Dans le même temps, les habitants de Versailles ont été soumis à une double augmentation de leurs impôts. D’une part, les taux ont fortement augmenté, nettement plus que dans les communes de taille comparables, pourtant soumises aux mêmes chocs externes (passage aux 35h, inflation de certains coûts d’achats…). D’autre part, la base taxable déterminée par l’administration fiscale a elle aussi augmenté de 12,6 %.
En ce qui concerne les taux, ceux-ci ont progressé pour la taxe d’habitation de 23,6% sur la durée du mandat pour la taxe d’habitation. Dans les communes de taille comparable à Versailles, l’augmentation sur la même période a été de 4,9%. Cela explique qu’aujourd’hui chaque habitant de Versailles paye en moyenne 212 euros de taxe d’habitation, contre 184 pour les habitants des communes comparables.Pour la taxe foncière, la hausse a été de 23,7%. Là aussi dans les communes de taille comparable, l’augmentation a été de 5,6% sur la mandature. Cela explique également que les Versaillais payent aujourd’hui en moyenne 216 euros de taxe foncière, contre 149 dans les communes comparables.
Cette combinaison de facteurs a amené à une augmentation sensible de la charge fiscale à Versailles, tant sur les entreprises et les commerces, que sur les habitants. Certes, Versailles reste une ville pour l’instant où les taux demeurent inférieurs à ceux des villes de taille comparable, mais ce qui compte pour les contribuables que nous sommes, c’est bien le poids global de la fiscalité. Et celui-ci, du fait du montant élevé des bases taxables est largement supérieur à Versailles que dans les communes comparables. Au total, chaque Versaillais paie 28% d’impôts de plus que les habitants des communes comparables.
Un dernier indicateur de la qualité de la gestion est l’endettement dans le budget de la commune. Celui-ci demeure plus faible que dans les communes de taille comparable.
Pour autant, sa progression est sensible : ainsi entre 2005 et 2007, passe-t-elle de 704 à 798 euros par habitant, sans qu’une politique d’investissements d’envergure de la commune ne le
justifie, puisque les dépenses d’investissement de la ville ont baissé de 15% entre 2005 et 2007.
Or, les gestionnaires ne pourront plus compter sur la baisse puis la stabilité à un niveau très bas du coût de l’argent que nous avons connus depuis le début des années 2000. L’augmentation
du coût de la dette de la ville depuis l’exercice 2007 est assez significative à cet égard. Elle est de 35% entre 2006 et 2007, même si, à la suite de divers retraitements comptables, la
progression réelle est de 23,6%, traduisant une hausse moyenne du taux de la dette de 0,50 pour cent (ou 50 points de base). Ce chiffre est à prendre en compte pour la gestion future de
Versailles, d’autant plus qu’il n’intègre pas la forte hausse des taux d’intérêt intervenue en 2007 et 2008 (et on peut présumer que la tendance de la banque centrale européenne va se
maintenir), qui va progressivement obérer les marges du budget communal.
L'équipe financière de la liste " Pour Versailles " "