LE FIGARO. - Pourquoi quittez-vous la tête de la Société des amis de Versailles ?
Olivier de ROHAN. - En 1987, la société comptait 300 membres, elle en compte 7000 aujourd'hui.
Pour ce faire, nous avons mis fin au système élitiste de cooptation avec lequel étaient recrutés les membres. Il a aussi fallu professionnaliser l'association,
tout en faisant en sorte qu'elle demeure conviviale pour rassembler aussi bien amateurs d'art et d'histoire, personnalités savantes et donateurs, français ou étrangers.
Vingt-deux ans après, je ne veux surtout pas que notre association devienne un club fermé de riches donateurs, comme on nous presse de le devenir. Nous tenons essentiellement à réunir des amateurs, au meilleur sens du terme.
En quoi devrait consister, selon vous, une société ?
Les membres d'une société d'amis d'un lieu comme Versailles doivent d'abord le faire aimer et alerter l'opinion de ses besoins.
On l'a oublié, mais il n'y a pas si longtemps, Versailles n'avait pas de succès auprès du public, vivait petitement et tristement.
Au fil des années, nous avons participé au repérage d'objets et de meubles liés à l'histoire de Versailles, et à des restaurations. Nous avons essayé de
convaincre ceux qui pouvaient nous aider par leurs dons, y compris des Américains.
Il est vrai que ces derniers ne peuvent pas comprendre qu'une administration sollicite leurs dons. Pour eux, le mécénat est l'affaire exclusive de la société
civile.
L'un dans l'autre, nous avons dû, ces dernières années, offrir l'équivalent de deux à trois millions d'euros par an à Versailles, sans qu'il lui coûte rien d'autre que nos efforts pour les obtenir.