Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 11:30
Le livre de Gilles Martin-Chauffier devait s 'appeler "Le roman de la Bretagne libre", c 'est vous dire qu'il y tient à cette autonomie régionale.

Sa conviction ? Nous allons vers une affirmation de plus en plus forte de Bruxelles, qui poussera vers la régionalisation, et donnera ainsi l'opportunité à des endroits ayant une forte identité de s'affirmer de plus en plus.

Voilà le point de départ de la conférence donnée par Gilles Martin-Chauffier, mardi dernier, entre deux crèpes.

Son slogan, un brin provoc étant: "La France disparaitra avant la Bretagne !"

Mais ces revendications autonomistes ne concernent que l'introduction et la conclusion de son livre.  Qui s'intitule d'ailleurs un peu à tort "roman", car c 'est d'un vrai livre d'histoire qu 'il s 'agit:

L'histoire de la Bretagne, du néanderthal à 1804.

Tout commence avec les vénètes. Ces armoricains, qui sont des gaulois comme les autres, mais vont refuser de payer leur tribut aux romains, et se feront massacrer. 

Et puis l'armorique va devenir bretonne au 5ème siècle. Les saxons envahiront la Bretagne (150 000 personnes, un sacré déplacement de population à l'époque).

La Bretagne connaitra une grande période d'indépendance: De 845 à 1532.

Et première idée reçue battue en brèche: La Bretagne est alors très prospère, l'un des provinces les plus riches de France, car commerçant, et exportant tous azimuts.

L'image de Bécassine, et de pauvres paysans bretons domine, à tort, notre imaginaire contemporain: Ce sont en fait les guerres de Louis XIV qui appauvriront d'un coup cette région, fermant les accès commerciaux.

Deuxième idée battue en brèche: La duchesse Anne, idolatrée par les bretons, n a pas été un cadeau pour les bretons, car elle n 'a pas remis en cause le rattachement de la Bretagne à la France.

Son explication pour le peu de volonté de rester indépendant: D'une part la France rayonnait à ce moment là dans tous les domaines (artistiques, économique, politique) et se voir rattaché à la puissance dominant en Europe était à la fois flatteur et rassurant pour la province bretonne.

Par ailleurs, les élites bretonnes seront formés en dehors de la Bretagne, Gilles Martin-Chauffier (GMC) regrette qu'il n 'y ait pas eu de système éducatif local, erreur fatale selon lui.

Formés  ailleurs, cette élite ne s'est pas battue pour faire conserver une indépendance locale.

Autre idée mise en avant: Le rôle capital des bretons lors de la Révolution française. Ayant, à tort l'image royaliste à tout crin, Gilles Martin-Chauffier (GMC) rappelle dans son livre le role éminent du breton Isaac Le Chapelier, et la fonction décisive du club des bretons, qui deviendra...le célèbre, redoutable, et efficace club des Jacobins.

Une dernière phrase que j'ai noté du sémillant GMC: "La Bretagne n'est pas un état, mais un état d'esprit !"

Pour vous faire une idée de cette conférence, quelques vidéos plus bas sur le site.

J'ai lu  ce livre, que j'ai trouvé agréable  à lire; Ecrit dans un style très enlevé, vif, entrainant, c 'est un très bon moment de lecture, et l'occasion de découvrir une histoire finalement mal connue de la Bretagne.

Le livre s 'est très bien vendu...en Bretagne : 35 000 exemplaires, un gros succès donc.

Deux regrets de la part de GMC cependant: Ne pas avoir parlé de l'époque des corsaires, et ne pas avoir évoqué un breton fameux: Chateaubriand:

L'opportunité de nous écrire le tome 2 peut-être ??

"Le roman de la Bretagne", 19,90 euros.
Par Arno - Publié dans : J'ai testé pour vous
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Août 2010
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés